Crèmes solaires, toxiques pour nos lagons?


Préservons nos lagons

L’île de la Réunion, ses montagnes, ses cirques, ses pitons mais aussi ses lagons bordant les côtes de l’île dite intense sur 25 km. Sortie de l’eau il y a seulement 3 millions d’années à la suite d’une éruption volcanique, la Réunion est plutôt récente dans l’histoire terrestre. Les récifs coralliens l’entourant et délimitant ses lagons sont donc particulièrement jeunes eux aussi, datant de 8000 ans. Et pourtant, ils n’en sont pas moins riches loin de là. Depuis 2007, tous les lagons, excepté celui de Saint Pierre, sont répertoriés comme espace naturel protégé. Le but étant de préserver la faune et la biodiversité régnant en maître dans les eaux cristallines regorgeant de bien des surprises marines. Vous n’aurez qu’à enfiler palmes, masque et tuba avant de vous laisser porter par les courants, et ainsi avoir la chance d’admirer les quelques 1200 espèces d’êtres vivants qui y cohabitent.

Cependant, depuis 1980, on assiste tristement à une détérioration des espaces marins causée par l’Homme qui engendre une pollution évidente. Celle-ci est dû, entre autres, au ruissellement des eaux usées dans la mer, à l’érosion des sols, mais surtout pas une sur-fréquentation de l’environnement maritime. Le nombre croissant de touristes depuis la fin du XXème sur l’île, entraîne au sein des lagons un piétinement massif des sols ainsi que des coups non intentionnels mais bien réel dans les coraux. Néanmoins, le facteur prédominant responsable de cette pollution reste l’usage des crèmes solaires qui se diffusent dans la mer. Il est pourtant primordial de se protéger des rayons UV qu’émettent le soleil, mais devons-nous pour autant condamner nos beaux lagons ? La réponse est évidemment non.

Tout d’abord, un point sur les deux types de crème solaire existantes : les chimiques et les minérales. La première catégorie est  la plus souvent utilisée par la majeure partie d’entre nous. Malheureusement, elle contient des composants chimiques néfastes pour l’écosystème marin. Il suffit de seulement 20 min de baignade pour qu’¼ (25%) de votre crème solaire, appliquée auparavant, ne se répande dans l’eau. On estime que chaque année, ce sont 25 000 tonnes de protection solaire qui se déversent dans nos océans, dont 4000 tonnes qui menacent grandement nos coraux et sont même ingérées par ceux-ci.

Mais concrètement pourquoi les crèmes solaires sont-elles toxiques pour nos lagons ?

-Les composants chimiques contenus dans ces protections, seraient coupables de la diminution de la quantité du phytoplancton qui est un élément primordial dans la chaîne alimentaire marine afin de la réguler.

-Elles provoqueraient la rapide détérioration et le blanchiment total des massifs coralliens en déclenchant un virus aux effets dramatiques sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes.

-L’oxyobenzone un des composants principal des crèmes solaires chimiques, change l’ADN du corail empêchant aux nouvelles pousses de se développer, et par conséquent, condamne les coraux à mourir.

Quelles sont les solutions directes envisageables ?

Afin de lutter contre cette malheureuse dégradation, il faudrait donc privilégier les crèmes minérales labellisées bio. Contrairement aux protections solaires basiques, elles sont constituées d’au minimum 95% d’ingrédients naturels, 10% d’ingrédients d’agriculture biologique et sont biodégradables. En complément, il est préférable et même fortement conseillé, à la Réunion comme ailleurs, de s’exposer à des heures où le soleil brûle le moins c’est-à-dire après 16h, et de se couvrir le corps avec des vêtements légers.

Grâce à ces petits gestes, vous préserverez votre peau des rayons violets du soleil, mais vous aiderez également la vie marine à perdurer dans les meilleures conditions possibles.

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